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Nouvelles

Lundi 8 mai 2006

        Assise, glacée jusqu’aux os sur le bord de trottoir, je regarde passer le monde. Une clope à la main, j’étudie mon entourage, me concentrant sur les petites choses insignifiante de la vie. Au dessus de moi, l’orage gronde. Je soupire et m’étire lentement, laissant mes membres craquer un à un. Déjà les premières gouttes tombe, mince filet zébrant le ciel. Avant d’avoir pût atteindre un refuge, je suis victime du déluge. Je grogne, conscient d’avoir foutu en l’air mes nouvelles pompes, sur lesquels a déteint mon jean. J’attend que l’averse passe sous un palier d’immeuble, aussi sale et vétuste que ces frères de bétons s’érigeant à l’horizon. Alors que je ruminais et digérais de nombreuses pensées, la porte s’ouvrit sur une minuscule vieille aux cheveux gris mes abondants. Nous restons figés, face à face…. Je me sens embarrassée, après tout, je squattais légèrement son escalier…Je remarque alors la tasse de chocolat chaud qu’elle tient entre deux mains ridées, du mug s’échappe des senteurs que j’avais oubliées depuis si longtemps. Je me levais en même temps qu’elle me détaillait, son visage illuminé d’un sourire affreusement amical. Avant que je ne case un seul mot, elle m’interrompit

-La pluie est si forte aujourd’hui, je ne crois pas que vous pourrez rentrer chez vous avant quelques heures…comme je vous ait entendus, je me suis dit qu’un peu de chocolat chaud vous ferez du bien je la regardais, l’air halluciné…depuis quand les vieilles me vouvoyaient ? Elles avaient plutôt tendances à me gruger à la boulangerie et à me traiter comme une gamine…c’est d’ailleurs de là qu’est venu mon antipathie pour cette classe d’age. Ne sachant que dire, j’entrepris tout de même de lui ôter la tasse des mains…une si bonne boisson devait être consommée rapidement… un coup de vent me fit frissonner et je bus d’un trait le contenus de la tasse. Magique ce chocolat…

-Je vous vois bien frigorifiée ma chère… entrez je vous pris…et installez vous près de la cheminée, un feu brûle dans l’âtre en ce moment.

-oui…merci… J’entrais car le vent, la pluie et le froid m’y poussaient…mais je trouvais cette femme de plus en plus bizarre…depuis quand prépare-t-on un feu de bois en plain mois de juillet ? Des soupçons digne d’un roman d’Agatha Christie naissaient déjà dans mon esprit… Le vestibule, bien qu’éclairé par une vieille lampe jaunie, était presque plongé dans les ténèbres…d’un coup d’œil je pus voir une affreuse tapisserie à fleur et sentir par la même occasion une odeur de moisi s’en dégageant. La vieille dame passa devant moi et ouvrit une porte que jusqu’alors je n’avait pu remarquer. Elle s’ouvrit sur une pièce aussi sombre que la 1ere, à la différence qu’on pouvait entendre un feu crépiter dans une cheminée vétuste. J’entrais sans me presser le moins du monde, tellement horrifiée par la déco. Sans parler, elle me désigna un fauteuil poussiéreux, et c’est à contre cœur que je m’assis, découvrant que la poisse s’ajoutait à la poussière. Déglutissant le plus bas possible, pour ne pas attirer le regard d’ange de la mamie, je pensais que je n’aurais, mais alors jamais dû poser le moindre pied dans cette baraque croulante. J’osais la regarder et ce que je vis ne me plût pas du tout…mon regard était attiré par un miroir, logé dans le mur, juste derrière la vieille…je clignais de yeux…j’avais dû rêver, mais l’instant d’avant aucun reflet de la dame n’était visible sur la glace. Alors que mon regard était toujours posé sur le miroir, une ombre vînt s’interposer entre moi et l’objet.

 -Désirez-vous un autre chocolat ? sa voix s’était faite glacial et dure

-non merci madame (je souris), d’ailleur je n’entend plus la pluie…je crois que…

-La pluie n’a pas cessée ! restez ici ! Maintenant, je sentais en moi un malaise indéfinissable…une envie de vomir me parcourue entièrement

-Mais ! vous me semblez bien mal en point ! Attendez, allongez-vous quelques instants, cela ira mieux après… je ne me fiais pas à ces paroles, mais pourtant je ressentais en moi un désir profond de me coucher sur le vieux sofa qu’elle me désignait…Comme dans un mauvais rêve, comme dans ces contes de sorcières et de princesses, je me levais, hypnotisée, et m’allongeais mollement sur le divan… Le seul souvenir que je garde de cette scène est la vague impression qu’un sourire narquois était penché sur mon être, dans l’intention de me faire du mal…

Je m’éveillais en sueur, dans un lit inconnu, dans un endroit ténébreux, sans point de repère visible… essoufflée, comme après une longue course interminable dans un dédale de rêves et de cauchemars, mes mains tâtaient fébrilement ma couche. Je pouvais ressentir la moindre gouttelettes dégouliner dans mon dos… Sueur froide …Mes yeux fous ne cessaient d’aller et venir dans mes orbites, et il m’étais impossible d’arrêter ce mouvement de folie…je poussais un gémissement quand l’un d’eux se bloqua. Je connaissais très bien ce phénomène…depuis toute petite déjà il m’arrivais de faire des crises de la sorte, allant même jusqu’à tenter de m’arracher les globes oculaires, me griffant le visage jusqu’au sang. Non, il ne faut pas…pas que cela continue ! Il me fallut un bon quart d’heure pour m’arracher à mon démon, luttant plus encore que dans mes rêves… le lit était trempé, tout comme moi. Je levais ma main devant moi et la regardais trembler comme une feuille. Un goût prononcé de sang emplissait mes narines ainsi que mon palet…triste maladie en définitive… lentement je posais mes jambes flageolante à terre et me tînt au montant du lit pour parvenir à me lever. Il flottait dans la pièce ces odeurs impénétrable et obscur qui encombre les cimetières…je ne pus m’empêcher de marmonner un ‘Joyeuse ambiance’ . tous cela me fatiguais, toute cette histoire de tarée…je me remémorais les heures passées. Une brume enveloppait hélas tout mes souvenirs. Je serrais mes poings…toute cette faiblesse, c’était détestable…je m’étais toujours battues dans ma vie, ne me laissant jamais marcher sur les pieds, écrasant le moindre de mes opposants. Une douleur dans ma main droite me projeta dans la réalité… une pensée simple, précise se formait là, au creux de mon âme. Je devais par tous les moyens sortir d’ici…sans quoi j’allais péter un câble d’ici peux… La porte au vernis écaillé et au bois crasseux ne pût s’empêcher de craquer bruyamment quand je la poussais…exaspérant tout de même quand on vise la discrétion.

Le palier était tapissé de moquette, mais avec la pénombre je n’aurais pût certifier si elle était grise naturellement. C’est là que je le sût…je haîssais cette baraque et sa fervente représentante…et j’avais sacrément envie de leur jouer un tour….je souris…oui…c’était une bonne idée… c’est à pas de loup que je dévalais les escaliers, fouillant du regard la nuit. J’entendis sur ma gauche un bruit de moteur, imperceptible mais présent, j’en étais sure. Je me dirigeais avec hâte vers la source du bruit, jetant sans cesse des coups d’œil peureux derrière moi….il y’avait eut un bruit là-bas, dans les escaliers… je courais presque maintenant, retenant mon souffle à chaque sons suspects. C’est là que je découvris la cuisine, grâce à la sensation de carrelage qui rafraîchissait ma plante des pieds. Trois pas dans le couloir…vite vite…fouiller les tirroirs…poussée d’adrénaline…celui du milieu…’cling’…’merde !’ Et il était là, dans mes deux mains déjà ensanglantées, présage de mes actions futurs. Je le retournais dans mes paumes, laissant le métal m’effleurer, me taillader. Je carressais le manche en bois, lourd mais maniable. Mon étude s’interrompit par la brusque arrivée de lumière. Debout, sous la vieille porte, se tenait la vieille dame, son visage illuminé par une stupeur attendrissante. C’était jouisif de voir son éternel sourire disparaître derrière un masque de peur.

-Mais que…

-Je crois que je vais vous laisser arborer pour l’éternité cette expression de visage…elle me plaît bien

-Que…je…

-Savez-vous, chère vieille conne, que vous avez un sourire affreux !!! INSUPORTABLE !!!

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   Un chant d’oiseau…un brin de lumière qui traverse ma paupière… respiration régulière… Que c’est-il passé ?? cauchemars tout simplement, je balaie les bribes d’images confuses. Doucement je m’assois sur le lit, vire lentement la couette, puis les draps…tout avec méthodie…voilà…c’est parfait. Je vois mes affaires posées sur un petit tabouret, contre le mur tapissé de motif années 60. je souris, la déco est passable finalement…je me rend compte alors que cette odeur de moisi qui persistait n’était dût qu’à l’humidité, générée par la pluie battante. C’est une fois les pieds posé sur le sol que je confirme mon hypothèse, le sol est trempé… A côté du tabouret, une petite porte s’ouvrit sur une salle de bain…modeste mais propre, je fronçais les sourcils…elle était propre, hormis le lavabo rougi et les petites tâches rouges qui parsemaient le bord de la baignoire…aucune importance A pas lent je descendis les escaliers, éclairés par une lumière du jour abondante. Je ne voulais plus déranger mon hôte, c’est pourquoi je sortis de mon sac, accoudé près de la porte d’entrée, un stylo et un postit. Je ne manquais pas de voir le manche d’un couteau dépasser de mon sac…aucune importance, j’avais dût l’emprunter à une de mes connaissances. Mordillant mon crayon, je songeais à ce que j’allais coucher sur le bout de papier jaune. Finalement, j’optais pour ‘je vous remercie chaleureusement de m’avoir acceuillie pendant cette nuit de tempête, vous dormez d’un sommeil profond à mon avis, alors je ne vous dérangerais pas—cordialement—‘ La formule me plaisait et j’accrochais le postit sur la porte en bois massif de l’entrée, vernie tout récemment. Sans bruit, je tournais la clés rentrée dans la serrure et me faufilais dehors. Un soleil planait dans un ciel sans nuage…une bonne et belle journée en perspective… J’entamais un air de Beatles, tandis que je laissais ici la petite maison de la vieille.

Par Miss_Dragoon
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Lundi 8 mai 2006

    Le sang clapotait tandis que l’homme regardait le corps qui gisait à terre. Nul expression de remord ne trahissait son visage, au contraire, un large sourire fendait celui-ci. Et pourtant, on n’aurait put deviner aux premiers abords la confusion intérieur de cet être. Machinalement, tout en regardant avec grand bonheur le cadavre qui salissait le tapis milles-euros-création unique, il nettoyait ses mains à l’aide d’un chiffonette que son maniaque de patron collectionnait sur son ancien bureau. Soudain il éclata de rire, cela faisait une éternité qu’il rêvait de butter cet enfoiré, de lui faire payer la torture morale vécu durant 13 longues et épuisantes années. Il n’en sortait pas indemne, et de profondes blessures saignaient son âme à blanc. Enfin la vengeance avait abouti, et le soulagement se faisait sentir. La tâche rouge se propagea jusqu’à une œuvre d’art fort rare, sûrement volée à un musée, et blanchie ensuite… L’homme sortit du bureau en sifflotant d’un air innocent, il avait du sang sur la manche gauche de son costume bon marché, il n y fit pas attention.

    A 10heures la secrétaire vit Monsieur Maurice entrer dans la bureau du patron et en ressortir seulement dix minutes plus tard, chose inhabituel, M.Maurice était la souffre douleur favoris du boss. Elle fronça les sourcils, mais ne s’inquiéta pas outre mesure, ce n’était pas ses oignons, ce soir cependant…elle trembla, regarda la porte où un panneau en or pur annonçait ‘bureau de M.****’. Ce soir, elle devait tout faire pour ne pas tomber nez à nez avec lui, elle voulait éviter toute rencontre qui ne pourrait que lui nuire. Songeant soudain à son augmentation, promise depuis déjà un mois, elle se leva, non sans avoir baissé un maximum sa jupe, et marcha vers le bureau.

   A 10heures 30 Mlle Millyano découvrit le corps de son patron. Loin de s’affoler et de crier au meurtre, elle resta de marbre et en vint même à s’accroupir à côté de l’homme mort. Elle souilla ses talons hauts et le bas de sa jupe d’un sang corrompu. Elle avança lentement un doigt vers le dos du macabé, et le toucha. La matière était molle, le corps était bien sans vie. Elle en fut réellement ravie… Avec beaucoup de calme elle retourna le cadavre, avec sang froid elle alla piocher sur le bureau un ciseau, avec ce même sentiment de soulagement, elle épingla à l’aide de ceux-ci de la paperasse administrative sur la poitrine du mort. Millyano se releva, épousseta sa jupe, d’un mouvement satisfait et prit congé de son boss. Puis elle pensa à la longue journée de shopping qui l’attendait, tout en sifflotant un petit air joyeux.

   Le rendez-vous de M****’ pour le poste précaire vacant se présenta à 15h15 précisément, à l’heure, sans une once de retard. L’air nerveux, le chômeur de longue date ne vit pas la secrétaire à son poste et remarque ensuite la porte d’un vaste bureau ouvert. Il se lança sans attendre plus. Il sursauta en découvrant la moquette inondée de sang. Son regard remonta le long de la traînée, où l’on pouvait voir sans trop de problèmes l’empreinte de talons. Il fut paniqué quelques instants, son esprit activé se demandant quelle marche suivre. Il opta finalement pour ne rien faire ; la meilleur solution est parfois de ne pas se mouiller…cependant, alors qu’il allait repartir, il remarqua un petit tas de billets rangés sur le large bureau certifié bois-de-plus-de-cinq-siècles. Il s’empressa de soulager ce bois rare de ce poids, et faillit s’écraser sur le corps sur le retour. Des billets de toutes les couleurs volèrent, et donnèrent un air de fête à la pièce….une bien belle fête….

   L’aspirateur s’activa frénétiquement dans le couloir, alors que la nuit tombait sur le building. Une odeur épouvantable se dégageait du bureau patronal, et Mme Alejendro jura encore en elle en pensant une nouvelle fois aux mégots et autres aliments qu’elle risquait de trouver en décomposition dans le bureau qu’elle nommait ‘l’enfer pur et dur !’ c’est sur fond de bourdonnement qu’elle buta sur son patron, la pauvre nageait depuis le matin dans son propre sang, celui-ce ce coagulant autour de son propriétaire. La femme de ménage pesta pour cette sale habitude du mauvais rangement, et surtout sur le fait que c’était encore à elle de tout nettoyer. Après comme à son habitude avoir tout aspirer, récurer et épousseter, elle ne put s’empêcher de verser le cendrier rempli à raz bord sur le visage du mort. Elle le détestait, chaque soir alors qu’elle passait dans le couloir, après avoir fini l’étage, il lançait négligemment une clope sur la moquette, obligeant Mme Alejandro à tout refaire. Sur cette pensée elle écrasa deux cigarettes, qu’elle venait d’allumer pour l’occasion, sur les yeux de merlan frit qui fixait avec énergie le plafond. « Devrait regarder en bas…y’a que l’enfer qui l’attend ! ». *****************************************************************

On avait ouvert les fenêtres, pour aérer la pièce, qui sentait affreusement la chair en décomposition. L’inspecteur fumait tranquillement sa clope tandis qu’il regardait avec humour la scène qui se présentait à lui. L’homme mort reposait sur le dos, des billets éparpillés sur son costar chique, des documents épinglés jusqu’au cœur. Deux clopes avaient brûlés les yeux du mort, et un CV avait été introduit dans sa bouche. Toujours fumant, l’inspecteur vit son associé se précipiter vers lui.

-On a une piste Monsieur, c’était pas long à trouver, le coupable ser..

-Pas la peine de te casser Marco, on boucle

-Quoi ? tu rigoles ? alors qu’on à le coupable ?

-Ce type était un pourri, nos service cherchait à le coincer depuis longtemps pour des affaires louches…

-Et la justice ?

-Elle s’est faite seul cette fois…

-Mais…c’est un meurtre !

-A mon sens c’est plutôt une bénédiction…et vu le spectacle qu’on nous offre, à mon avis il n’y a pas qu’un responsable…

-Mais la victime !

L’inspecteur sourit -Elle n’est sûrement pas devant tes yeux…

Par Miss_Dragoon
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Lundi 8 mai 2006

C'est dans les ténèbres que commence l'histoire qui ne s'est jamais achevée. Elle a parcouru la nuit des temps, toujours en évoluant, en s'adaptant. Et pourtant, les acteurs sont les mêmes, créatures figées dans leur immortalité. Leur haine n'a d'égal que leur déséspoir sans fin ni fond. Elles sont les messagères d'un temps révolu, d'un passé qui ne garde comme trace que de simples contes qui s'effacent et s'effritent avec le temps. Elles sont la mort qui n'a sut les prendre, les cavaliers noirs de la vengeance...

 

Il nous faut remonter dans les origines même du monde, au temps où la vie s'écoulait d'une façon si différente, si particulière qu'aujourd'hui encore elle parait sortie de l'imaginaire. Le Monde s'est construit par la légende, alors qu'elle était encore le tissu même de la terre.

 

 

 

Maintenant imaginez juste, là, posé sous vos yeux les premiers êtres de la terre. Peu importe leurs noms, ils sont là, entier, prêt à changer de leurs œuvres le monde. Ce sont deux jumeaux, asexués. Ils vivent au milieu d’un paysage fantastique : un bois magique où filtre la lumière du jour , où les oiseaux chantent de douces mélodies toujours différentes, joyeuses, éternelles et où vagabondent  gracieusement Korrigans et Dryades.

Au milieu de cette foule majestueuse, les humains semblent bien ternes. Ils en sont jaloux. Au fond d’eux-mêmes ils se savent différents des autres. Ils n’ont ni belles cornes, ni écailles somptueuses, ni plumage ardent ; ils ont un seul don : leur intelligence. Mais voilà, leur raison est froide, engourdie et meurtrie par le sentiment de jalousie qui les domine. Les années passent, et ils se voient comme damnés à côté du Magnifique de la nature. Ils se trouvent ridicules et lourds, et bientôt ils se penchent vers la folie.

 

 

Un soir , fiévreux, poussés par quelques démons, ils mettent le feu à la forêt, et à l’aide de torches brûlent les animaux qu’ils croisent. Le spectacle est affreux, sadique… Enfin le carnage se termine, et ce n’est que désolation que les humains croisent sur la neuve plaine. Les cendres d’un monde parfait volent, sont emportées par le vent avec honte cependant. Ainsi le tendre paradis terrestre fut-il détruit par la haine et la jalousie…

La nuit passa, et un jour sanglant se leva. Blotti l’un contre l’autre, tout deux comprirent leur erreur. Mais il était trop tard…Gaia avait souffert, et elle leur ferait payer ce massacre.

Quand le soleil illumina la clairière, ils furent frappés par la malédiction. Ils n’avaient pas de noms, aussi est-il impossible de savoir qui reçu quoi. L’un deux s’effondra sur le sol, et hurla, tandis que son immortalité s’envolait dans le lointain. Il devint l’enfant mortel de la terre, l’homme qui sera toujours confus devant ses instincts et sa raison. L’autre obtint un cadeau empoisonné, qu’il crut d’abord préférable à celui de son jumeau. Des profondeurs de la terre vinrent les voix qui parlèrent en ces mots :

-Punis, l’un devient mortel et fragile, l’autre immortel et rigide. Mais dès que la nuit où le sang fut versé arrivera, en lui sa bestialité sera rappelée. Il prendra alors l’aspect de sa bête intérieur et tel le loup frappé par la fureur, partira chasser son jumeau tant aimé. Un combat sans fin, tel est le destin que vous méritez. Vos enfants à jamais vivront dans cette perpétuelle lutte, condamné à jamais à verser le sang  de vos péchés !

 

 

Ils ne crurent pas en leur damnation, jusqu’au funeste jour où la lune entière se dressa au dessus des collines vides de vie. Ils avaient presque oublié cette nuit terrible, celle où ils avaient brisé la beauté… l’immortel se recroquevilla sur lui-même, en proie à milles tourments. Il commença à se lacérer, se déchira la peau. Voulant l’aider, le mortel s’approcha de trop près, et reçut de son double un coup de griffe qui le défigura. Dans sa douleur il perçut son jumeau se relever, méconnaissable…Il avait l’aspect d’un énorme loup enragé, et ses yeux étaient devenus deux petits disques d’un jaune acide. La bête plissa les yeux, et fonça sur le mortel. Celui-ci comprit qu’il devait se défendre pour vivre un jour de plus sur terre, et empoignant une branche pointue, la plongea dans le corps velu du loup.

Une patte vint écorcher l’humain, qui hurla au même instant que la bête. Ils se séparèrent soudain, pour passer une nouvelle fois à l’attaque. Toute le nuit ils luttèrent, l’un pour sauver sa peau et l’autre pour étancher sa soif de sang. L’aube arriva soudain, comme si leur danse infernale n’avait durée qu’un bref moment. Le loup s’enfuit avant que les derniers rayons du soleil n’atteignent la plaine. Ils ne se revirent jamais, mais se livrèrent des batailles sanglantes à chacune de ces nuits rondes, comme deux vieux ennemis.

 

 

La légende ne dit pas comment ils eurent des fils, ni comment chacun d’entre eux parvint à élever si haut leurs races. Aujourd’hui ce récit est l’unique trace des loups de la nuit, des enfants de la Lune…mais le passé explique peut-être ma présence ici…la vérité, voilà ce qui me pousse en avant…et j’espère un jour devenir ce que je n’ai jamais put être : un mortel…

Par Miss_Dragoon
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Vendredi 1 septembre 2006



Voici Jean-Charles, Poulpo-Lingui de son étable. Mais pourquoi une créature des plus exotique pourrait-elle s'appeler Jean-Charles?
Et bien ses parents devaient rêver à une intégration facile en lui collant un nom basique Français. Mais ils ne se doutaient pas que son aspect repoussant ferait de lui un Seriaul Killeur...et oui, vous avez bien entendu, un seriaul killeur! L’un de ceux qui vous attendent dans une vieille ruelle style Londres XVIIIe siècle!


C'est une histoire triste et tragique, de celles que l'on ne raconte qu'à mi-voix, au fond d'une taverne poussiéreuse, en jetant des coups d’œil inquiets à sa chope de Bière, qui prend le plus souvent un air menaçant...
Enfin, les premiers mots sortent de la bouche du conteur, et l'on se penche pour être sûr de capter le moindre pet de bruit. Et l'on entend les mots se percuter au fond de son crâne(parce que l'on a trop abusé de cette bière au goût de pisse)et, peu à peu, on entre dans l'histoire, comme Tarzan est inspiré par ses lianes...

Ainsi commence l'affaire du Poulpo-Lingui: un jour où le brouillard tombait sur la paisible ville de St Philbert, d'étranges étrangers étrangement vêtus firent leur apparition aux portes de la ville. Les volets claquèrent immédiatement devant l'aspect hideux des nouveaux venus. Les plus courageux, après s'être au préalable enfermés dans leur Blocos anti-bombe A, osèrent crier 'Sales Monstres!'.
La ville sembla frémir (en réalité un TGV passait au moment même sur sa ligne un peu plus loin) de voir ces CHOSES, choses en majuscule, car rien ne pourrait décrire l'horreur de cette scène, où une multitude de petits yeux luisants, et de tentacules spongieux firent leur apparition en ombre chinoise à l'orée de la ville. Le vent repassa un petit coup, pour le plaisir de l’auditeur Philberien, qui frémissait au fond de son carton.

Finalement, les choses s'installèrent dans cette petite maison vendue depuis quelques mois déjà, et sans nouvelles des nouveaux propriétaires. La pancarte de vente, dit-on plus tard, dans le bar-pmu de la ville, fut arrachée avec une violence extrême, et la porte de la maison, sous le poids des bêtes craqua et rendit l'âme après dix ans de fidèles et loyaux services. On chuchotait avec lenteur, conscient des petits phares lumineux pointés dans leur direction. La terrasse du bar se vida, et les habitants rentrèrent chez eux, maudissant Mère Nature, la Création et ses potes pour le dérangement occasionné. Ah ! Elles le payeront, ces choses, pour avoir bousculé, que dis-je, écrasé leur quotidien !

'Installées!' S’écria M. Cunégue, installé dans l’ombre de sa cave, une bouteille de vin posée devant lui sur une table crasseuse, accompagnée de gobelets. Il joignit la parole au geste, et frappa du poing sur le pauvre meuble, qui ,pour l’occasion ,sortit sont plus beau grincement.
'Ils ont volé cette baraque!’ Continua-t-il, haletant sous sa barbe d’ermite. ‘Partons à la chasse aux monstres!' Et son visage en profita pour s’empourprer. Son discours, si bref et pourtant si compréhensible, fut applaudit par l'ensemble des habitants du coin, et l'on décréta que les choses devaient mourir, et le plus tôt possible.
Mais en attendant le bon moment, ils s’attroupèrent autour de la petite table, et,comme le bovin qui sent la bonne odeur de l’eau boueuse au détour d’un fourré, ils se pressèrent pour vider les bouteilles de ce bon vieux Cunégue.

Vous connaissez la Belle & la Bête? Et bien ils firent pareil (une fois que M. Cunégue protesta devant la dévastation de sa collection de vins). Ils emportèrent avec eux fourches et grilles pains pour bouter le monstre hors de St Philbert, bien décidés à renvoyer en Enfer l’Infâme.

Ici le conteur s'arrête, et se fait aimablement payer une bière, qui malgré son arrière goût bien fort de pisse, reste désaltérante. Il regarde autour de lui avec ce regard de renard que seul on ceux qui savent profiter de la naïveté des autres. Il s'apprête enfin à reprendre le récit. Lentement ses lèvres s'ouvrent, les sons sortent et...et...la suite demain!



Le conteur est de retour, après une bonne nuit de sommeil, il a cuvé toute la nuit, et l’on s’attroupe devant sa table, pressé de le voir continuer l’histoire du Poulpo-Lingui. Il prend un air de grand Gourou, et enfin l’ouvre.

Les Philbertiens se hâtaient vers la maison nouvellement occupée, et pour cette jeune famille de monstre, c’était quelque chose que de voir tout un village se déplacer pour vous souhaiter, à la manière si bizarre des humains, la bienvenue. La petite famille s’approcha des rideaux à fleurs du salon, et Maman Poulpe se mit à rire en voyant un grille pain percuter la fenêtre. C’est qu’ils trouvaient tout cela bien divertissant ! Le verre vola en éclat, et Pa Poulpe s’empressa d’aller ouvrir la porte, que les habitants frappaient avec ardeur.
-Quelle chance nous avons chérie ! Cette endroit est magnifique, et les gens si accueillant !
Maman poulpe soupira, et sa longue trompe vibra tout du long, provoquant des bruits de pétards le long de son membre.
-J’espère qu’ils ne seront pas trop collant, j’en ai assez de me retrouver avec des humains qui me sautent dessus…
Pa Poulpe n’attendit pas la feu vert de sa femme, et ouvrit la porte. Il gesticula de façon à provoquer la sympathie des habitants, et leur fit son plus beau sourire, qui faisait fureur à l’Aquarium de La Rochelle.

Lorsqu’ils virent la Chose se précipiter sur eux les dents en avant, et les tentacules fouettant l’air à la recherche, leur semblait-il, de leur cou, nos Philbertiens bondirent sur le côté, et lâchèrent stupidement leurs faux. M. Cunégue avança, et s’élança vers le Monstre

Pa Poulpe reçut le geste comme une invitation, le cri de l’homme comme un ‘hourra, joie, bonne année, bonne santé etc’. Ses tentacules se pressèrent de sa direction.

M. Cunégue poussa un son de bête qu’on mène aux abattoirs.

M. Le Maire hurla de désespoir et de rage à son tour.

Pa Poulpe enlaça la figure hirsute face à lui, il lui fit une bise, puis lâcha l’homme

M. Cunégue se retrouva par terre, le visage dans la boue du chemin, il s’était évanoui.

M. Le Maire venait de découvrir la page des bourses. Il avait perdu gros, et gagné niet. Sa secrétaire lui épongea le front, et il jeta un coup d’œil sur sa forte poitrine avant de revenir à son journal.
-Que voulez-vous Tania ?
-Votre conseillère sur la ligne 1 vous demande
-Pas maintenant voulez-vous ! Je suis plongé dans un désespoir et une rage profonde, laissez-moi me morfondre dans ma douleur passagère !
-Elle dit que c’est important.

Il soupira, il ne pouvait résister longtemps face à sa poitrine. Il appuya sur le bouton rouge sur son bureau avec délice, repensant aux joies de son enfance, où il jouait à Mission impossible. La musique, le générique qui commençait, toujours avec ce petit fil, et ce message, toujours le même, et aussi…

-M. Le Maire ? Allo ? Alllllooooooo ?
-Oui Marie-Ange, qu’est-ce que tu veux ? je suis occupé…
-Comme toujours…enlevez le téléphone interne si vous ne voulez pas recevoir d’appels…
-Alors, tu veux quoi ?
-Le paquet est arrivé, je répète, la paquet est arrivé !
-Pardon ?
-le paquet est…
-oui, j’ai compris, et ?
-bon, okay…la future attraction.
-et bien ?
-Elle est entrain de se faire lapider dans la rue, vous devriez intervenir avant de perdre vos sous.

Au mot de ‘sousous’ le cerveau du maire remonta le temps, retrouva enfouit sous un amas de paperasses le vieux dossier du parc d’Attraction, bien rangé dans sa cervelle et l’image des choses. Ses yeux s’illuminèrent, et sa secrétaire crut déceler en lui l’intelligence qu’on pourrait trouver chez un phoque d’Antarctique. Il réussit même à baver sur son bureau neuf. Tania essuya la dégoulinure avec empressement.

-M. Le Maire…je vois tout par la fenêtre vous savez…

Sur quoi il pris des mains de sa secrétaire le chiffon et s’en passa un petit coup sur le visage.

-Co..comment est-ce possible ?
-Et bien, dois-je vous rappeler que mon appartement à vue sur la rue, et je vois ces pauvres créatures se… Ô ciel !

Le maire bondit littéralement de son fauteuil, et écrasa le combiné contre son oreille.
-Quoi donc ? Que se passe-t-il ?
-Rien, mes voisins font un barbecue sur le Balcon, ils ont mis trois fois trop de sauce piquante…vous vous rendez compte ? après qu’ils ne se plaignent pas d’être tout le temps malade…non mais…on a pas idée de…

Le maire se détendit, se recala dans son fauteuil et écouta lentement sa Conseillère.
‘Me voilà rassuré’ répondit-il. Puis il sentit une étrange odeur de carbonisé…

-M Le Maire…j’ai une mauvaise nouvelle…
-Les saucisses de vos voisins crament ? Hahaha !
-Non, les Poulpo-Lingui crament vos futurs électeurs…


Le détachement de Policier arriva au moment où la catastrophe venait de débuter. Les Poulpo-Mingui, sentant une odeur de brûlé immonde, venaient de simplement éternuer…mais ces humains n’étaient vraiment pas solide, il leur suffisait d’un rien pour s’embraser… Les policiers séparèrent les deux camps, et mirent à l’abris les monstres. Le Maire, suivit de près par sa conseillère, à sa gauche, et sa secrétaire, sur sa droite, faisait pâle figure. La famille le trouva immédiatement laid et même répugnant, mais ils se gardèrent bien de le lui dire. ‘Tout le monde n’a pas la chance d’être beau’, philosopha Pa-Poulpe.
Lorsqu’il tendit sa main graisseuse, c’est avec un dégoût profond que Pa-Poulpe accepta de la lui serrer. Ces pratiques humaines étaient pour lui si peu hygiénique…le nombre de microbes qui devaient maintenant lui courir sur la peau lui donna la nausée. Il contint avec grande peine son écœurement.

La Maire se tourna alors vers ses concitoyens. Il prit un air solennel, voulut inspirer une grande bouffée et se ravisa au dernier moment, l’odeur de l’endroit étant passablement intenable.

-Mes amis, c'est moi qui ai fait venir ces braves gens. Sous une apparence à premier abord un peu surprenante, certes, ce sont des êtres extraordinaires, d'ascendance sacrée et miraculeuse, qui apporteront bientôt à notre chère petite ville rayonnement et prospérité de par le monde. Je m'en porte garant devant vous, Philbertiennes et Philbertiens!

Sa conseillère resta bouche-bée devant le discours du Maire. C’était bien la seule fois où il réussissait un discours, et celui-ci n’avait même pas été préparé…
Et elle vit avec étonnement les parole de ce petit gros porter jusqu’à ces habitants, qui faisaient ces agaçants regards de Merlan Frit. Ces derniers avaient beau ne rien y comprendre, ils acquissaient bêtement..
En réalité les hommes du groupe fantasmaient depuis toujours sur la conseillère de campagne du maire, très belle fille, surtout dans cette magnifique robe rouge. Il suffit qu'elle apparaisse en public pour qu'ils lâchent leurs pierres et leurs armes et se perdent en applaudissements.


Content de lui, et de son esprit génialement conçut, le maire s’invita chez les Poulpos-lingui, pour ‘causer affaires’. Il embarqua avec lui sa conseillère, conscient que la laisser au milieu de tous ces hommes serait la donner en pâture aux fauves. Il découvrit un superbe fauteuil, où il cala son immense continent nommé ‘derrière’.
Pa-Poulpe s’avança vers lui, ou, pour être exact, rampa le long de ses tentacules vers M Le Maire. Il frissonna quand la créature découvrit sa magnifique dentition constituée exclusivement de canines ,légèrement trop pointues à son goût.

-Monsieur ! Comment vous remercier ! Un instant j’ai cru que ces pauvres villageois nous prendraient pour on ne sait quel monstre ! Il faut nous comprendre, le fumet d’une sauce piquante contient une substance allergène pour nous, dont vous avez pu constater les effets…

Mal à l’aise, le maire s’enfonça d’avantage dans son fauteuil. Quand il toucha le fond, il eut enfin le courage de s’exprimer.
-Je connais des investisseurs susceptibles d'être intéressés par un projet touristique, surtout depuis que je leur ai promis l'autorisation d'établir chez nous leur nouvelle usine polluante.

Devant le regard sans une once de neurones du Poulpo-lingui, il continua :
-Il s’agit d’un parc d’Attraction (et c’est d’ailleurs pour cela que j’ai consentit à vous laisser s’installer ici), vous devrez en assurer le fonctionnement…en quelque sorte…
Sur quoi Pa-Poulpe cligna des yeux, remua la lèvre et émit un son à vous faire dresser les poils de mollets.
-Monsieur la Maire ! C’était donc ça la raison de votre visite ! Mais quelle remarquable surprise ! J’en suis tout ébahis ! Des frissons parcourent mes membres ! Diantre, que cette sensation est plaisante !
-Oui, j’en…j’en suis conscient, réussit à bégayer le Maire, qui reprit, sur un ton tremblant :
Vous, vous êtes sûr d’avoir tout compris ?
-Bien sûr ! Nous allons devenir une attraction monstrueuse qui vous rendra immensément riche, et à l’occasion, puissant. Nous devrons nous produire devant un public de curieux qui n’auront qu’une seule envie, celle de nous lapider et de nous voir dressé par un…qu’est-ce déjà ? Ah oui ! Un groom ! Nous ouvrirons la gueule pour le plus grand plaisir des petits et grands !

Devant l’air absent de l’élu, le Poulpo-Lingui fronça une croûte de perplexité.
-Comme au cirque !

La conseillère s’agita aux côtés du Maire, croyant que celui-ci avait définitivement perdu son dernier neurone fonctionnel. Pour en rajouter une couche, l’énorme trompe de Maman-Poulpe se tordit en tout sens, les bruits de pétards se faisant de plus en plus fort. Son bonheur était visible, et audible…
- J’ai toujours rêvée de devenir Lorie !
- Non Chérie, je crois que le terme exact est ‘devenir une Star’

Puis les deux Poulpo-Lingui commencèrent à se disputer, cherchant qui avait raison sur la traduction la plus correcte de ‘zskjcpoqufujfop’. Une cacophonie s’éleva, qui aurait réveillé d’entre les morts les plus grands compositeurs de musique classique. Le fils ne broncha pas un membre, il était né aux abonné absents, et affichait un visage impassible, même face à cette fanfare démoniaque. Au final les deux humains durent évacuer les lieux, pour que leurs tympans ressortent saufs de cette épreuve.

Par la suite la vie des Philbertiens s’améliora. On venait du monde entier contempler les Poulpo-Lingui, espèce si rare de la galaxie. On traduisit en vingt-quatre langues ‘Poulpo-Lingui’, un livre sortit intitulé ‘Etude d’un comportement différent, mais proche au travers du Poulpo-Lingui’et enfin un film sortit, qui fit trembler le Box-office.
Bref, ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’argent fut la conclusion de cette période heureuse. De nouveaux commerces et hôtels se construisirent, les Philbertiens s'enrichirent sous les nuages de leur usine polluante, les investisseurs se frottèrent les mains, le maire se prépara pour un nouveau mandat et tout le monde laissa les monstres tranquilles, qui en plus restait les seuls bénévoles dans l’histoire.


M. Cunègue demeurait le seul perdant de St Philbert. Il avait perdu sa crédibilité, son projet de parking souterrain et son complot n’avançait qu’à pas d’escargot. Cependant il finit par tomber sur un sniper à la retraite, borgne et unijambiste. Mais il ne fit pas de chichi, il l’engagea, et lorsque la bourse changea de main, il lança un ‘mwahahahahahaha, ma vengeance va être terrible !’. Le sniper choisit un jour de grand spectacle pour descendre les Trio. Il se cacha dans l’ombre d’un bananier, ajusta sa lunette, attendit patiemment que la vieille dame devant l’arbre s’en aille et tira une fois, deux fois, trois fois. Malheureusement pour lui, être unijambiste, mais surtout borgne, ne rend pas les choses faciles. Il réussit à tuer les deux plus gros, et le petit, qui pourtant ne bougea pas d’un iota, s’en sortit indemne. Il maugréa qu’il ne gagnerait pas, et ce encore une fois, la peluche géante de Bob l’éponge.

L’Affaire paraissait trop complexe pour les citoyens de St Philbert, on mis le coup sur le dos de l’homme-nounours qui vendait des ballons aux enfants. On déclara que c’était son costume de souris ridicule qui l’avait trahis. En revanche, personne ne sembla se souvenir d’un borgne unijambiste portant un fusil sniper sous le coude. Comme quoi la mémoire est sélective…( ou que les parents trouvaient un air pervers au vendeur de ballons).

Heureusement pour notre chère Jean-Charles, son père avant de mourir avait laissé un post-it sur le frigo, déclarant : ‘hfhaipofy mfaprfu furoreufruuuü’. Hum (traducteur en grève ? Quoi ? Vous rigolez j’espère !), déclarant : ‘ Sois Gentil STOP avec STOP la vieille dame STOP’. Se fut un déclic pour lui. Un rouage s’enclencha pour la première fois en son esprit, et Jean-Charles découvrit la pensée, même si cela fut pour songer ‘laalalalalala’.

Hélas , Jean-Charles, en plus de son infirmité psychologique natale, avait un penchant pour les boissons humaine, plus précisément les décoctions à base d’alcool. Alcoolique de la pointe des tentacules au sommet du globe oculaire, il prit une démarche lourde et maladroite. Il renversait tout sur son passage, percutait les poubelles autant que les Philbertiens.

Bourré à temps plein, il finit par en tuer une, malencontreusement, au détour d’une rue. Sa force, non maîtrisée par son taux élevé de substances liquides à fortes teneurs en alcool, faisait de lui un gigantesque pantin ‘so dangeurousse’. Un beau matin, alors qu’il conduisait Madame Bert le long du passage clouté, une voiture stoppa brusquement, mais Jean-Charles s’interposa, sauvant la vie de sa voisine. Heureuse de ce sauvetage, Mme Bert lui fit la bise, et l’on repartit le long du chemin. Plus tard Jean-Charles s’activa, et des sons jusqu’alors insoupçonnés dans le règne animal firent leur apparition. Le Poulpo-Lingui voulut tapoter l’épaule de Mme Bert, , et en définitive ce fut une claque d’une puissance phénoménale qui projeta la vieille contre le sol, l’écrasant comme une pomme pourrie.
Jean-Charles ne nourrissait nul projet de meurtres, en fait il avait voulu lui désigner un ballon gonflable portant un homme-nounours déguisé en prisonnier . Il avait trouvé la chose tellement drôle…

Soudain conscient de la saleté de la rue, il lapa le sang de la victime otcogénère, et débarrassa d’un coup de langue le trottoir des membres éparpillés. La rue ne fut jamais aussi propre, un coup de lustrage ne serait pas arrivé à la cheville de l’œuvre du Poulpo-Lingui.

Le corps de Madame Bert ne fut jamais retrouvé, on porta bien des soupçons sur le jeune monstre, qui continuait à promener ces vieilles dames, et qui finissaient toujours par disparaître…on décida de le laisser tranquille, après tout, c’était grâce à lui si ville vivait dans la prospérité et le luxe.

Leur bonheur fut de courte durée. De plus en plus malade, de plus en plus bourré, Jean-Charles devenait une épave vivante. Les rues empestaient de son vomis, chaque fois qu’il daignait y faire un tour. Jusqu’au jour où il mourut, noyé entièrement par son vomis. En hommage à sa vie, à sa grandeur et sa monstruosité, les Philbertiens élevèrent un monument en son honneur, à la place de ce vieux tas de pierre de soldat inconnu. On baptisa la statue ‘Poulpo-Lingui, les Philbertiens reconnaissant’. Et le fils, malgré lui, devint à titre posthume le tueur en série le plus populaire et le plus apprécié des français (selon un sondage de l’INSEE, 68% des interrogés trouvèrent Jean-Charles le type le plus cool de l’univers).
Le conteur conclut, bourré : « N'aide pas ta grand-mère, le ciel t'aidera. ».


Par Miss_Dragoon
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